Liste des paroles diponibles




Au sommeil


Je t'attends depuis que le jour s'est suicidé dans une ampoule
Je suis si impatient de toi
Je pense à des chansons d'amour
J'imagine mon sang qui s'écoule, comme des perles sur le toit


Je me cherche un cheval de Troie, je me cherche un coin dans la foule
de pensées qui me tournent autour
A la fois trop chaud et trop froid, je me ronge la bile en boule appelant tes yeux de velours


R:
Reviens à moi, je t'en supplie
Ouvre moi les draps de ton lit
Chasse l'insomnie de mes bras
Longue est la nuit, écourte-la


Comme, une pierre en mousse, je roule
Je confonds l'envers et l'endroit
Je respire un air un peu lourd
Je fais le mort, je fais la moue
Je cherche à répartir mon poids
Tout en t'appelant au secours


Mes longs soupirs te laissent sourd
Ton silence me laisse sans voix
Dans les aiguilles qui s'écroulent
Je cherche à chasser les vautours qui me pincent le bout des doigts par des colombes qui roucoulent


Refrain

J'entends le temps, qui se deploit, et l'enfer au fond de son four
Ne donne pas cher de ma poule
Je me sens comme au jeu de l'oie
Obligé de passer mon tour, sur une case qui perd la boule
Je t'adresse un dernier recours, du fond du réveil où je coule
Je t'en conjure emporte moi avant que ne naisse le jour enfile lui une cagoule que je m'endorme contre toi


Refrain



(F.Zerbib / M.Peskine)




Cafar Naom


Les murs paraissent mous du gland
Il paraît qu'ils ont été blanc
Ca m'étonne...
Ils ont plutôt l'air caca d'oie
A poids marron
Mais c'est p't'être moi
Qui déconne !
J'ai sûrement un peu passé outre
Le ménage mais rien à foutre
Ça m'démange
Du gras qui colle à la cuisine
Aux chiottes qui coulent un peu l'urine
Faut qu'je range... Ouais



J'me tape un d'ces cafards
J'me tape un d'ces cafards
naom
Trop de trucs à faire au milieu
D'ces Cafard naom


L'idée même de prendre une éponge
Est une angoisse qui me ronge
Le sang
J'ai mal à voir l'aspirateur
Couvert de poussière sous le beurre
Et ça sent
Le moisi jusque dans mes draps
Y'a des champignons sur les rats
Qui se lavent
De peur d'attraper un virus
Au contact de mes détritus
Qui en bavent


Refrain

Les araignées font une manif
Autour de la bouteille de Cif
En chantant
"On a trop de mouches dans nos toiles
On se prend les pattes dans tes poils
C'est gerbant... Ouais"
Mais je ne vais plus poser les pieds
Sur les montagnes de papier
Et de verre
Faudrait qu'j'me récure le coeur
Pour pas remettre à tout à l'heure
Comme hier


Refrain


C'est vrai qu'je suis allergique au Mir
Rien que le nom me fait dormir
Comme un loir
J'ai un trou de flemme au mental
Je ronge les restes d'émental
Dans la passoire
Mon cul est collé à sa chaise
A cause de la sauce bolognaise
Qui l'encroûte ! allez allez
Allez, allez, allons enfants
J'attrape la javel et attend
J'ai un doute
Demain c'est mieux car c'est dimanche
Je ferai la tornade blanche
C'est promi
Y'a pas d'raisons de se stresser
La crasse ne va pas se casser
Dans la nuit
Pourquoi pas remettre à demain
Le poil qui me bouffe la main
C'est trop dur
Quand j'en aurais trop marre d'attendre
J'pourrai toujours me descendre
Aux ordures ! Et ce s'rait bien


Y s'tape un d'ces cafards
Y s'tape un d'ces cafards
Y s'tape un d'ces cafards
Au milieu de ces cafard
naom
J'ai trop de truc à faire
Au milieu de tous ces cafards
naom




(F.Zerbib /A.Réjasse)




Confiance en soi


Il pressent l'éclair de malice
Qui foudroie ses yeux de félins
Prenant son air coquin, complice
Elle se saisit de ses mains
Ses mains que, sangsue, elle immisce
Dans l'interstice de ses seins
Il s'offre un' pensée créatrice :
« Quand je vais dire ça aux copains »


La fille et ses soupirs s'unissent
En des ronrons de chat câlin
Ses gestes maladroits trahissent
L'inexpérience du gamin
Dix doigts se perdent entre deux cuisses
Entre deux cuisses un orphelin
Tout juste éclot enfin se hisse
Comme le bout d'un sous marin


Refrain :
Vent mauvais de Verlaine mes vers s'en vont vers toi
Le désir est en laine et la confiance en soie


Elle est nomade et lui novice
Il en a soif elle en a faim
Sous un solo de Miles Davis
Ils s'embourbent dans des coussins
Etendus sur des draps qui plissent
Ils osent un' chose à leurs machins
Elle lui fait sucette à l'anis
Il lui fait mouillette sans pain


Dans un feu liquide il se glisse
L'aspirant vers un fond sans fin
Il tente un trombone à coulisse
Apparemment ça lui plaît bien
Ses yeux s'étoilant aux iris
Ell' roule une vague à son bassin
Puis c'est comme un feu d'artifice
En petits cris, en petits « viens ! »


Refrain
Enjouées dans le jus du vice
Tout en fleur de peaux de chagrin
Leurs chairs de poul' mouillée frémissent
Dans la moiteur du mois de juin
Ils se régalent de réglisse
En soupirant tout leur parfum
Deux anges nus ingénus lissent
Le temps trempé jusqu'au matin




(F.Zerbib /A.Réjasse)




Dernier appel


Nous avions fait de nos bagages
Un roman plein de bateaux ivres
Je ne veux pas tourner la page
Mais bien plutôt changer de livre


Je prendrai soin de cette histoire
Comme on caresse un souvenir
Dans le troublant de la nuit noire
Où l'on peine un peu à dormir


R:

S'il ne faut jamais dire, jamais je ne dirai
Plus, jamais plus, que tout à vous, vous que j'aimais
J'adresse un tout dernier salut


J'ai crevé le fond de mes poches
Mes désirs avaient besoin d 'air
J'ai laissé s'enfuir les reproches à l'autre bout de l'univers
Comme le temps va tout s'en va
Le moment venu je vais bien, qui sait
Ce qui vivra verra, de l'au revoir à je reviens


Refrain

Avant de fermer les verrous, je vous laisse un double des clefs
Le nid sera encore à vous, quand l'oiseau sera envolé
J'en étais un mais de passage, et quand passera la saison
Si elle me pose en vos parages, je rentrerai à la maison


Refrain bis



(F.Zerbib)




Grand méchant loup pour l'homme


Tu me supplies petite, comme tu as l'air surprise
Je ne fais rien pourtant que père n'aurait écrit
Dans une autre aventure je te ferais la bise
Mais mon rôle est ici de te manger la vie !


Je n'ai pas, de mes dents, choisi la destinée
Je ne fais que répondre au désir d'un auteur
Crois moi j'aurais peut être adoré t'épargner
Je viderais pourtant tout le sang de ton coeur !


Ma pitié n'eut jamais aucun droit de citer
On ne me permit pas d'être ni bon ni tendre
Je ne fus pas créé pour savoir regretter
Et mes grandes oreilles ne surent jamais entendre
Mais crois moi de nous deux tu n'es pas plus à plaindre
Car tu es l'innocente et je suis le bourreau
Une fois fermés tes yeux, je resterai à geindre
Jusqu'à ce qu'un chasseur vienne trouer ma peau


Que serais-je sans vous que seriez vous sans moi ?
Les brebis font les loups les sujets font les rois
Que seriez-vous sans moi, que serais-je sans vous ?
Je n'ai pas d'autre choix que vous tordre le cou
Ou ou...

Il n'est pas de poucet sans un ogre à combattre
Si je ne portais pas ta mort comme un fardeau
Tu ne serais pas plus qu'une statue de plâtre
Une enfant oubliée dans le noir d'un stylo


Sans un grand méchant moi il n'est de chaperon
Non plus de blanche neige sans sorcière et sans pomme
Si j'avais pu choisir j'aurais porté ton nom
Mais je suis condamné à être un loup pour l'homme.


Refrain

Je vous le dis à tous avant d'occire l'enfant
Vous qui êtes si purs, vous qui êtes si drôles
Si je n'étais pas là le salop le méchant
L'un de vous se verrait contraint de jouer ce rôle
J'ai vécu ce destin un peu à votre place
Vous devriez je crois m'ériger un autel
Mes horreurs ne sont qu'un reflet dans votre glace
Il doit être si doux de m'y voir si cruel


Refrain
Tu me supplies petite de t'épargner la vie
Mai je n'ai pas le droit de t'en laisser une miette
Je te tuerais malgré le désir et l'envie
Le monde a fait de moi la plus immonde bête.
Apprends qu'au jour dernier quand nous ferons les comptes
J'assumerais tout seul les travers de l'histoire
Tu resteras la pauvre enfant martyre du conte
Et moi juste le tueur sans excuse et sans gloire ! <

(F.Zerbib / C.Giroux)




La serrure


Belle inconnue / Je vous vois au / Trou d'une serrure
Vous dansez nue / Comme un oiseau / Qui rase un mur
J'étais monté / Pour causer du / Dégâts des eaux
Je ne comptais / Pas voir un cul / Incognito


Un disque d'or / Dans la sono / Chante une muse
La lampe mord / De ses dents vos / Courbes confuses
J'envie le sort / De la moquette / Qui vous porte
Et je me tords / Comme une lavette / Contre la porte


Un petit poids / Sur la conscien- / Ce je décolle
Mes yeux du bois / Et votre dan- / Se alors s'envole
L'instant d'après / Je suis en man- / Que de votre ombre
Désemparé / Je me replan- / Que à la pénombre


Quand tout à coup / Vos sortez d'un / Champs de vision
Je tends mon cou / Je ne vois rien / Qu'une illusion
Le noir emplit / Le trou d'où je / Matais vos seins
Sonnant ainsi / La fin d'un jeu / Un peu malsain


Je reste au seuil / D'un palier vide / Et silencieux
J'ai mal à l'oeil / Et puis au bide / Et puis au deux
Pétri de honte / Je me sens con / Comme un bézot
Et je remonte / Embrasser mon / Dégât des eaux




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Chanteur authentique


Je suis un chanteur authentique
J'donne des émotions au public
J'éructe mon âme avec mes tripes
Je mouille mes couilles, au fond d'mon slip
Ma chaire à vif est torturée.
J'emmerde les bourgeois, les curés,
Et les requins du show business
Qui méprise mon art, et la presse
Qui a vendue son âme au fric.
Je suis un chanteur authentique.


Vous, qui ne comprenez pas,
Vous, qui ne comprenez rien,
Je vous le dis, le jour viendra,
Où vous viendrez baiser mes mains.
Padam padam padam, padam padam padam


Je suis un chanteur écorché
Comme les blés je suis fauché
Mes douleurs saignent dans mes larmes,
J'adresse au monde un cri d'alarme.
Malgré que suintent mes blessures.
Je suis debout dans mes chaussures
Et j'accuse sans état d'âme,
Tous les salops, oui, je m'enflamme...
Vos merdes j'irais les torcher.
Je suis un chanteur écorché.


Vous, qui ne comprenez pas,
Oui vous, qui n'y entendez goutte,
Je vous le dit, le jour viendra,
Où vous viendrez flatter mes croûtes.
Padam padam, padam, padam padam padam.


Je suis un chanteur engagé
Je mords comme un chien enragé
Je n'ai pas peur des impuissants
Qui font leur beurre, sur l'dos d'notre sang
J'emmerde les flics et la censure.


Mes chansons elles cassent tous les murs
Car mes mots sont comme des fusils
Au service de la poésie
Jamais je m' laisserai encager
Je suis un chanteur engagé


Vous qui ne comprenez pas,
Oui vous qui ne m'écoutez plus
Je vous le dis le jour viendra
Où vous viendrez, baiser mon cul
Padam padam padam, padam padam padam.


Je suis un chanteur authentique
Je crache sur les hommes politiques.
Ils sont pourris par le pouvoir,
Et ça, faut le savoir pour le croire.
C'est vrai que j'passe pas à la radio,
Sauf quand je vais à l'hosto,
Mais personne ne pourra me faire taire.
Je suis un battant comme un Jean Voltaire.
Je fais trembler la république
Je suis un chanteur authentique.


Je suis un chanteur authentique
Je mourirai pour mon public
C'est vrai que j'passe pas à la radio,
Sauf peut-être quand je vais à l'hosto,
C'est douloureux d'être un artiste
Surement qu'j'suis trop avant-gardiste
Mais personne ne pourra me faire taire.
Je suis un battant comme un Jean Voltaire.
Je fais trembler la république
Je suis un chanteur authentique.


Attendez, non, ne partez pas,
Cette chanson est aussi la votre,
Et si jamais, elle vous plait pas
Rassurez vous, j'en ai plein d'autres.




(F.Zerbib / M.Peskine)




Les baskets qui courent vite


Je veux je veux je veux je veux je veux
Je veux ça et pas ça, les baskets qui courent vite
Je m'en fout qu'elles sont chères, je m'en fout qu'elles sont p'tites
Je veux pas ça mais ça, les chaussures de l'espace
Comme j'ai vu que machin il avait dans ma classe


Je veux je veux je veux je veux
Je veux celles qui ont les petites bulles d'air
Qu'avec on peut on peut on peut
On peut tracer plus speed que la lumière
Je veux celles là c'est tout ou ben j'me roule par terre
Les gens du magasin diront qu't'es une sale mère
T'iras en prison et j't'enverrais pas de fleurs.


Allez achètes moi les, ma maman de mon coeur
Je veux ça mais pas ça, les baskets du futur
Je m'en fout qu't'as pas d'sous et qu'c'est pas ma pointure
J'ai qu'à serrer les pieds, tu vois bien que j'y rentre
Allez achète moi les, ou j'retourne dans ton ventre


Je veux je veux je veux je veux je veux
Je veux ça, ça et ça et ça aussi et puis...
Les ours en chocolat, comme elle m'achète mamy
Ces trucs là au coca, s'il te plait dis moi oui !
Je raffole des Chupas et pis c'est mercredi


Achètes moi les tic tacs... ou je dis à papa
C'que tu fais avec Jacques, chaque fois qu'il est pas là
T'auras l'air d'une ordure, ma p'tite maman d'amour
Achète moi cette voiture avec du sucre autour
Je peux prendre la monnaie, s'il te plait t'en a plein


J'veux pas mettre mon bonnet, j'veux pas t'tenir la main
Je veux pas qu'les gens voient que c'est toi qui est ma mère
Je veux que personne y croit que j'suis pas milliardaire
T'as d'ja dit qu'tes fauchée mais c'est pas mes oignons
Fallait pas m'accoucher, si t'avais pas d'pognon


Je t'en je t'en je t'en je t'en je t'en
Je t'en fout des tempêtes, ma maman de malheur
Je suis fou dans ma tête qui se remplit de pleurs
Je gonfle mes gros yeux, je crie que je t'aime plus
J'ai le crâne tout creux, j'ai le ventre tout cru
Je m'écorche les joues pour clamer ma colère
Je balance des coups de pieds dans l'univers
Je fais comme les chevals sur les pentes qui montent
Je veux plus avoir mal, je veux plus avoir honte
Je veux casser le monde, je veux tuer les gens


Je veux plus qu'on me gronde, parce que t'as pas d'argent
Mais maman, t'en fais pas, un jour je s'rais parti
Et je reviendras pas, je le jure sur ta vie
Un jour t'oublieras, mais c'est pas pour tout de suite
Je veux ça mais pas ça, les baskets qui courent vite


S'il te plait...




(F.Zerbib /M.Peskine )




Les pelerins


Quittons nous pour l'éternité
Notre amour ne fut que secondes
A l'heure de l'immortalitée
Je m'exilerai de ton monde
Avant d'embrasser la poussière
J'aurai au moins vecu ton corps
Accroché mille années lumières
Au balcon de ta chaine en or
Refrain :
Demain sera un jour ou l'autre
Le pelerin d'un dernier bal
Mais ce baiser qui fut le notre
Refleurira tant bien que mal

Cette aube est triste à mon sommeil
Pres du linceil où je t'égare
Je ne verrai pas le soleil
Arraché (la bas mon) poignard
Aucun vaux de nos deux familles
Je dedie cette larme à Dieu
Nos ailes furent des brindilles
Brisées sous la foudre des cieux


Refrain

A l'horizon de nos désirs
Nous brisions la ligne des ans
S'il faut épuiser l'avenir
Epousons la mort au présent
Couchons nous au bord d'une aurore
A l'orée d'un vieux rossignol
Et pleure que la rose est eflore
Nous servirons de parasol


Refrain

Je depose un dernier sourire Au livre de tes levres closes
Un genie naitra pour écrire
Notre idyle et mille autres choses
Mais l'heure est venue d'avaler
Ce flacon où mon âme expire
J'attendrai pour la voir voler
La plume de William Shakespeare


Refrain



(F.Zerbib / A.Réjasse)




Les Cyprès


Tu m'écrivais des mots couchés
Sur des feuilles de cahier brouillons
Tu me gribouillais des chansons
Dont les rimes se sont gâchées
Mon trou de mémoire se souvient
De ces lettres à l'encre noire
Je m'en berçais les yeux le soir
Comme un aveugle flatte son chien


Refrain :
Ta flamme un jour s'est embrasée
Ma braise une nuit s'est éteinte
J'ai du faner dans mes étreintes
La fleur brisée de tes baisers


J'ai su trop tard que rien ne sert
De forcer la bouche et le coeur
Les sentiments naissent et meurent
Sans raison le sang s'indiffère
Ailleurs mes pensées sont allées
Ouvrant, puis refermant la porte
Inaccessibles en quelque sorte
Mes désirs se sont envolés


Refrain


Je n'ai pas pu écrire un mot
J'ai tout sacrifié au silence
Les étoiles miroitaient des danses
Sur mes valises et mes sanglots
J'ai fui vers d'autres lendemains
Dans des clichés de ciel tout gris
Ton visage s'est ensuite écrit
Aux feuilles mortes des chemins


Refrain


A la grille du cimetière
Je traverse un amour perdu
Le marbre blanc m'a confondu
Avec du cafard à paupières
Contre l'écorce d'un cyprès
Ma bouche cherche à te renaître
Cet arbre est mon papier à lettre
Ma plume muette t'y sens si près


Ta flamme un jour s'en fut folle et
Ma flamme en cette nuit s'endeuille
Je viens poser sur ton cercueil
La fleur fanée d'une vie volée




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Le temps se voile


Le temps se voile
On voit fleurir les foulards
On tend des toiles
Percées de trou de mémoire


Le temps se gâte
On sent gronder les murmures
L'averse gratte
Les joues découvrent des murs


Le temps s'enrhume
Il va pleuvoir des mouchoirs
La morve écume
Les fronts souillés de draps noirs


Le temps s'excise
Les yeux s'habillent le corps
De robes grises
En larmes d'alligator


Refrain :
Car le temps dévoile
Un ciel couvert de regards
Cerné de toile
Une foule de foulards


Le temps se voile
On voit pleurer les miroirs
Sous les étoiles
Les sanglots noient les trottoirs


Le temps s'enrage
Il plante ses clous de foudre
Le vieil orage
Furieux fout le feu aux poudres


Le temps se tâche
Son dos se mouille de bosses
Les beautés crachent
La peau qu'ell' portent sur l'os


Le temps se ride
Il tombe des cordes d'aiguilles
Les rues se vident
Des ombres nues des filles


Refrain (bis)



(F.Zerbib / P.Eidel)




Loulou Bye


Comme un loup matelot
Dans son lit ma Loulou
Dort d'un si doux dodo
Que ma vie s'y dissout


Comme un coquelicot
Un songe rougit ses joues
Dans son coeur archi chaud
Je viens creuser mon trou


Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Loulou baîlle Loulou bye
Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Bye Loulou, bye Lullaby


Comme un mou chamalow
Ma Loulou fait miaou
Dans un bol de lolo
S'assouplit ma Loulou


Sur la fleur de ma peau
Ma Loulou plante un clou
Dans mon coeur berlingot
J'entends battre son pouls


Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Loulou baîlle Loulou bye
Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Bye Loulou, bye Lullaby


Belle au bout d'un fuseau
Roupille ma Loulou
Aux souffle d'un roseau
Mes soupirs sont jaloux


Dansant sous ses ruisseaux
C'est sens dessus dessous
Que mon coeur en morceau
Tangue de tout son soûl


Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Loulou baîlle Loulou bye
Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Bye Loulou, bye Lullaby


Quand l'écrou d'un grelot
Fait clochette à ma Lou
Elle s'éveille hors de l'eau
Elle s'étire et s'ebroue


Quand à ses yeux mi-clos
Se degraphe un verrou
Mon coeur flou sous les flots
A ses cheveux s'échoue


Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Loulou baîlle Loulou bye
Lullaby Lullaby
Loulou bye bye
Bye Loulou, bye Lullaby




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Mésentente cordiale


C'est pas vraiment
Qu'on s'entend plus
On n'est pas dev'nu sourds
Lorsqu'on se croise dans la rue
On s'dit encore bonjour
C'est pas la joie, c'est pas l'extase
Ni les grandes effusions
On se sort toujours les mêmes phrases
La même conversation :
Tu vas bien, moi ça va super
C'était bien tes vacances ?
Passes les amitiés à ton père
Fait une bise à Laurence


On a passé le stade
Des longues engeulades
Ces soirs où l'on soignait
Des gros mots par le mal
On n'joue plus en public
Nos mélos dramatiques
On respecte la zone
De mésentente cordiale


C'est pas vraiment
Qu'on s'parle plus
On n'est pas dev'nu muets
Si par hasard on s'tombe dessus
On sait se rattraper
Avec un peu d'agilité
L'air de rien on échange
Quelques petites banalités
Pour faire passer les anges
Moi ça va bien tu vas bien
Bon, super, je prépare mes vacances
Passe mes amitiés à ton père
Et ton job ? Ca avance
On a passé le cap
Des "ta gueule ou j'te frappe"
Ces nuits qui nous faisaient
Blanchir les dents de rage
On vainc plus nos sanglots
On n'a plus de trémolo
A faire vibrer dans nos
Autres voies de garage


C'est pas vraiment qu'on n'se vois plus
On est tout juste borgne
Au café tabac PMU
Dans la queue on se lorgne
Derrière nos propos hypocrites
On s'observe à la loupe
De nos langues de bois on s'débite
Toujours la même soupe


Moi ça va toi ça va bon c'est super
Je reviens de vacances
Passe mes amitiés à ton père
Il est mort ?
Ah pas de chance


On a baissé les armes
On a séché les larmes
Les draps qui nous mouchaient
Le coeur au linge sale
On a passé nos nerfs
Sur la hache de guerre
Qu'on enterre dans la zone
De mésentente cordiale




(F.Zerbib / M.Peskine )




Sous les balles


Seul dans cette foule de corps
Dont aucuns ne crient ni ne bougent
Le silence étant une mort
Le vent soulève le sable rouge
Tendu sur les nerfs de la guerre
Mon cœur se prépare à l'attaque
Les échos percutants la terre
Ecorche mon rythme cardiaque


J'attends le début de l'action
J'attends le début des rafales
Si je relâche mon attention
Je tomb'rais sous les balles


Au service de mon engagement
Je suis entré dans la carrière
Je pue la peur et je me sens
Comme une aisselle dans un vestiaire
Sur ma ligne je prends position
M'imaginant déjà héros
Sur le compte de l'excitation
Je vois défiler trente zéro


Refrain


Sur le champ de bataille
Je suis un playmobil
Perdu sous la mitraille
Je suis une plaie mobile


Je me tords les boyaux
Je me chie les entrailles
Je ne suis qu'un yoyo
Emmêlé dans les mailles
D'un filet infernal
Et grillé comme un steak
Je rêve de m' faire la malle
De me tailler un break
Je n'ai plus d'autre choix
Puisque voilà mon tour
Je prie une dernière fois
Je pleure et je cours


Une faute et je suis touché
Je m'en suis pris une dans la tête
Sur le terrain je suis couché
Tout ralenti le temps s'arrête...
Je pars sans bravo sans merci
Sous les sifflets, comme j'ai mal
Waha waha waha waha
Je croise le sourire d'Agassi
J'me fais cracher d'ssus par Nadal
C'est mon dernier Roland Garos
On me sortira des annales
Ayez pitié je n'suis qu'un gosse
Un pauvre ramasseur de balles


En direct à la télévision
Ce fut mon ultime finale
Ayez pitié j'veux pas passer
Au zapping de Canal




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Tout mielleux


Sûr, t'étais un mec bien.
Sûr, t'étais un mec bien, un vrai
T'étais un gars franc,
T'avais la poignée d'main
Ferme comme du diamant
Vrai t'étais un ami sûr,
T'avais des valeurs
T'étais toujours d'avis
A partager les pleurs
Sûr que t'étais un pote,
Vrai que t'étais honnête
T'étais droit dans tes bottes,
Les épaules sous ta tête


T'es devenu tout vieux,
Tout peureux, tout mielleux
T'es devenu, tout creux,
Sirupeux, si fielleux


Vrai, t'as le regard en coin,
Sûr t'as le sourire tordu
T'es sournois t'es mesquin
T'as d'la merde au faux-cul
Vrai que tu plies l'échine
Sûr que tu complimentes
Tu t'écrases tu t'inclines
Comme une raclure de fiente
Vrai que t'as le front moite
Sûr que t'as les mains sèches
T'es comme un lion en boite
Tu ne mors moins que tu lèches


T'es devenu envieux
Prétentieux, obséquieux
T'es devenu tout creux
Farineux, filandreux


Tu colles tu baves tu couines
T'as des trous dans la voix
Tes caresses dégoulinent
Sans cesse dans l'sens du poil
Tu pactises, tu cotises
T'es que d'la poudre aux yeux
Tu méprises, tu divises
Tes fesses entre deux feux
Tu suces le sens du vent
Pour abriter tes couilles
Tu vendrais tes parents
Pour du beurre dans les nouilles


T'es devenu tout vieux
Tout poisseux, tout vitreux
T'es devenu tout creux
Sirupeux, si fiévreux


Vrai que t'as des arguments
Sûr que t'as des réponses,
Dans des sables mouvants
Tu t'embourbes et m'enfonces
M'emmêlant dans tes phrases
Tu t'auto justifies
Et lorsque je te rase
Chaque jour tu me dis
Reste donc à ma place
Je ne suis qu'une illusion
Au reflet de ta glace
Je ne suis que ton ombre


Je suis devenu vieux
Tout poisseux, tout vitreux
Je suis devenu creux
Si pouilleux, si mielleux
Je suis devenu
Vieux




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Une goutte ou deux


Maman s'il te plait reste la, ne m'enleve pas le bout du sein
Je t'en supplie ne t'en va pas, tu es si belle et j'ai si faim
Je ne veux pas que ca s'arrête, regarde, vois comme je pleure
Maman c'est mouillé dans ma tête, j'ai soif au ventre et mal au coeur
Merci maman comme je t'aime, mon sang s'épanche à ton odeur
Je suis ton lait, tu es ma crème, et ainsi s'écoulent les heures


R:
Oh, c'est si bon la vie
J'en r'prendrai bien un peu
Juste une goutte ou deux
Juste une goutte ou deux


Papa donne moi une limonade, pour avaler tous les cachets
C'est tell'ment chouette d'être malade, comme ça je peux rester coucher
C'est rare quand on est toi et moi, juste nous deux et tu me bordes
C'est notre bonheur que je bois, malgré mes boyaux qui se tordent
C'est doux c'est sucré je t'adore, les petites bulles bercent le temps
Je suis ta mer, tu es mon port, et ainsi s'étalent les ans


Refrain

Mon amour donne moi ton verre, écorchons le cul d'une bouteille
Je veux boire à ton coeur ouvert toutes les gouttes du soleil
Nous avons ravalé nos larmes, nos sarmonts maculaient nos levres
De vin de messe, en vent de palme, on s'est saoulé de tant de fievre
Nos anges ont fait r'monter l'essors dans le sang noir de nos déveines
Tu es mon âme et moi ton corps, et ainsi s'avalent les peines


A vous mes amis, vous mes freres, je leve ma coupe de cristal
A tout ces instants qui mouillèrent, nos joues, nos coeurs, nos amygdales
Nos enguelades, nos ruptures se sont broyés dans l'appero
Dans un océan de biture, nous avons vogué sur les flots
Nos années nous parurent si roses à mesure que gonflaient nos bides
J'essuie les verres, vous êtes en prose et ainsi se trempent les rides


Refrain

Je t'en pris Dieu, ciel inconnu, j'ignore ton essence et Ton Nom
Retire dont ta main tendue au dessus de ma perfusion
Es tu docteur, suis-je mourrant?Es tu la faucheuse du conte?
Mes yeux se troublent sur l'etang, je me noie coulé dans la fonte
Je meurs de soif, une dernière fois, de l'haut delà, d'un desire vain
Je suis la lie, tu es le froid, et ainsi se trinque la fin


Oh, c'etait si bon la vie...
J'en r"prendrai bien un peu, juste une goutte ou deux...




(F.Zerbib / A.Réjasse)




Un poil perdu


Détaché de ma belle je suis tombé de haut,
Sous un jet d'eau cruel, inondé de sanglots
Me voila solitaire, sans amis et sans fesses
Isolé sur la terre, je me meurs de détresse


R:
Ch'suis un poil perdu
Un peu triste, un peu nu, petite âme éperdue
Je suis un poil cocu
Je suis un poil, perdu, un peu triste, un peu nu


Arraché à ma douce, je suis un chien mouillé
Egaré sur la mousse, j'ai failli me noyer
Me voila ridicule, sans bonheur et sans chaire
Malheureux dans ma bulle je me meurs de misère


Refrain


Séparé de ma tendre, je suis tout seul au monde
Je ne peux plus qu'attendre, que m'avale la bonde
Me voilà condamné, sans espoir et sans goût
J'irai bientôt couler dans le coeur d'un égout


Je vivais sur sa peau, mais on m'a épilé
Laissé sur le carreau, d'une douche encrassée
Je suis maudit des hommes, la souffrance me ronge
Son savon à la pomme, lui fit passer l'éponge


Refrain

Un pauvre poil de cul



(F.Zerbib / A.Réjasse)